Faut-il avoir peur des fissures ?
S’il y a bien un désordre qui inquiète les propriétaires, c’est la fissure. Elle concentre souvent l’angoisse… et parfois à tort.
Dans une construction récente, aux principes constructifs rigides, l’apparition d’une fissure peut effectivement révéler une faiblesse ou un défaut de mise en oeuvre.
Mais dans le bâti ancien, l’approche est différente. Ces bâtiments sont constitués de matériaux souples qui ont besoin de temps pour trouver leur équilibre définitif. Autrefois on acceptait que la maison “travaille” et prenne son assise sur le sol pendant les premières années. On attendait souvent que cette stabilisation naturelle soit terminée avant de réaliser les finitions décoratives. C’est ce qu’on appelait “essuyer les plâtres” : vivre dans la structure brute le temps qu’elle se cale, pour ne pas voir les enduits se fendre plus tard. Ces bâtiments ont donc eu le temps de se déformer, de s’adapter et de trouver leur équilibre.
Dès lors, une fissure peut être la mémoire du bâtiment, pas forcément un danger.
Une fissure a rarement une cause unique. Elle peut être liée à des contraintes mécaniques, thermiques ou à l’humidité mais aussi à des facteurs humains : choix techniques, délais, contraintes économiques ou erreurs de conception.
On distingue les fissures selon leur taille : les microfissures très fines (inférieures à 0.2mm de largeur), les fissures (dont la taille se situe entre 0.2 et 2mm), les lézardes plus importantes (supérieures à 2mm de largeur) et le faïençage quand elles forment un maillage en surface.
Il est rare qu’une fissuration entraine la ruine d’un bâtiment. Très souvent la structure s’adapte, trouve un nouvel équilibre : on parle de relaxation des contraintes.
Pour comprendre une fissure, il faut l’observer : son tracé, son orientation, sa largeur, son emplacement, ses particularités. Une fissure c’est souvent un message à interpréter, pas une condamnation. Comprendre pourquoi elle est là, c’est la clef d’une rénovation sereine.